Poésie

Saison de cendres

​C’était une saison d’ombres et de cendres
Où les aiguilles des épicéas jaunissent.
Une raison de pleurer ou celle de se pendre –
Se balancer – au bras du Marquis de Jadis.

Sur le sentier perdu, marcher dans ses pas
Pour retrouver trace des tiens.
Dans la cendre, dans la boue, le trépas ;
S’alourdir, s’enfoncer, descendre loin,

En enfer, avaler la terre, boire l’amer,
Dévorer tes empreintes par le dessous,
Coudre encore une fois mes paupières
Et rester là, rester liée, juste en-dessous.

Toi mon Écho qui dans l’hiver demeure,
Prendras-tu le temps de me visiter ?
J’embrasserai ta voûte de ma pâleur
Tout le long du sinistre sentier.

Alors marche doux, marche tendre !
Viens à reculons sur mon supplice
Depuis le passé vers les cendres,
Dire l’amour au Marquis de Jadis.

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