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« L’indésirable » de Sarah Waters

Quatrième de couverture :
« Depuis la Seconde Guerre mondiale, la demeure d’Hundreds Hall n’est plus que l’ombre d’elle-même : loin de sa splendeur passée, d’étranges évènements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s’efforce de cacher la débâcle. A moins que le coeur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret… »
Comment décrire ma déception ?
646 pages de remplissage, pur et simple, avec en tout cinq péripéties dont deux auront retenues mon attention.
Je ne peux hélas pas m’avancer dans ma critique sans dévoiler le fil de l’histoire, histoire ô combien plate et ennuyeuse au possible ! Alors je dirai simplement que tout est su d’avance, si on connaît Sarah Waters et si on a un peu de jugeote…
L’auteur aurait aisément pu se passer de 200 pages. Je me suis sentie comme tenue par la main tout le long dans d’inutiles descriptions qui m’ont conduite plusieurs fois jusqu’au bord de la lassitude mais, faisant confiance à Sarah Waters, je tenais bon, comme pour son précédant roman « Ronde de nuit », me disant que j’allais forcément prendre une claque sur les dernières pages !
En effet, j’ai bien fait de lui faire confiance car elle a tourné la fin dans une telle « poésie » que j’étais captivée, mais au niveau de l’histoire, rien à faire, ça n’a pas décollé… le soufflé n’a même pas pris !
Je réitère ici sur deux faits : d’une part, cet auteur, lesbienne, est véritablement douée pour parler d’amour lesbien. Là, première fois qu’elle se met dans la peau d’un homme, pour une histoire purement hétéro. Déception. Je n’aurai pas relevé si au moins l’histoire avait été intéressante… D’autre part, je n’ai absolument pas réussi à visualiser, comme dans « Ronde de nuit » l’ambiance après-guerre. Je voyais toujours du Victorien, comme elle sait si bien le décrire, car le manoir d’Hundreds Hall (objet du présent roman) datait de cette ère. Du coup pour moi Caroline, l’un des personnages, portaient de superbes robes d’époque, jusqu’à ce qu’un mot de vocabulaire vienne me rappeler que nous étions dans les années 1940 ! Ah !!! Et tout le long j’ai eu cette horrible impression…
Les personnages ne sont pas attachants, j’ai développé même une véritable antipathie à force de lire comme si je voyais se dérouler sous mes yeux une scène de théâtre mal jouée. Le Dr Faraday me donnait l’impression d’un véritable « profiteur » et Caroline d’une « souillon » alors qu’elle était décrite autrement. C’était fatiguant de ne pas arriver à imaginer ce que l’on essaie de nous décrire.
J’espère sincèrement que Sarah Waters évitera le remplissage en usant d’usantes descriptions et reviendra à ses premiers amours Victoriens et lesbiens, au plus grand bonheur de ses tous premiers admirateurs dont je fais partie.

Edit de 2019 :
… et ce qui est formidable avec Sarah Waters, tout de même, c’est que je conserve un bon souvenir de ce livre… Voilà la magie de l’écrivain, du vrai, du talentueux. Les mots infusent en nous les années passantes, on y repensent, on se dit que ce n’était pas si mal, et ce qui en reste, c’est l’ambiance… L’ambiance Waters.

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