Poésie

Les perles de paix

Jadis il y avait des colliers de perles suspendus
A tous les arbres de toutes les forêts du monde,
Des perles plus belles que le fruit défendu,
Dont la couleur irisée brillait sur leur face ronde.

Nul dieu n’avait sur elles placé de mise en garde,
Tous les amants de tous les édens y goûtaient,
Tous alors possédaient la connaissance des bardes,
Chantant les fabuleuses amours des perles de paix.

Car ces grappes de pureté aux grains pâles
Envahirent soudainement toutes les branches,
Lorsqu’une nuit illuminée d’une aurore boréale,
Deux amants s’aimèrent sous les frondaisons blanches.

La neige recouvrait et la terre et leur corps,
Les flocons scintillants sur leurs chairs diaprées.
De leur baiser premier, promesse d’encore,
Poussèrent et fleurirent les perles nacrées.

Tant de temps que les êtres ne savaient s’aimer…
Tant de guerres d’âmes, tant de morts de coeurs !
Alors quand tombèrent des cieux illuminés
Ces enfants d’Absolu, l’amour fut vainqueur.

Chaque fruit immunisant les amants
Il n’y eut plus ni dispute ni querelle,  
Mais un jour l’un des deux enfants
Par un scorpion fut piqué aux ailes.

L’autre cria au meurtre, pleura des rubis,
Toutefois rien ne pu ranimer l’être adoré.
Dans toutes les forêts du monde, depuis,
Le lichen a remplacé les grappes enchantées.

1 commentaire

  1. Sandrine

    13 janvier 2020 at 00:41

    Magnifique ! Félicitations.

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