8 janvier 2018

La cicatrice

​Quand la vie se casse comme du cristal,
Que ses éclats eux-mêmes éclatent
Au contact de la cicatrice, la chair a mal,
Se plaint et cambre ses nerfs écarlates.

Le cri est silencieux, le râle est un regard.
Le sang de la plaie un ruisseau de larmes.
Et déjà s’empressent les charognards
Alors qu’y loge une noire guisarme.

Le temps est traître, il nourrit le mensonge.
Tandis que le jour il assure de l’oubli,
La nuit, il alimente l’espoir, ce fétu de songes
Qui s’enflamme lorsque l’aube sourit.

Comme il est cruel de pouvoir te rencontrer
Sur ce plan où l’évidence est si merveilleuse…
Ta main frôle la mienne, un baiser est donné,
Parfois le fragment d’une parole délicieuse…

Mais au matin, le sucre devient une poix
Amère et brûlante qui ruine mon bonheur.
Ainsi humiliée dans mon amour, aux abois,
Je laisse s’enfoncer la lame jusqu’au coeur.

Alors la vie désorientée se fêle, explose et transperce
De ses éclats d’âme acérés, mon coeur au supplice.
Il déverse ce qui fut puis finalement ​se redresse :
Une veine en guise de fil, il s’enferme, sous la cicatrice.

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