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Du bout du rêve

N’est-on jamais satisfait de ce que l’on a ?
N’est-on jamais fatigués du chaos des jours ?
Il me semble qu’hélas, peines et tracas
Peuvent rendre lasses et creuses bien des amours…

Pourtant face à ce constat, je connais un être
Que rien n’ébranle, pas plus la crue que la sécheresse.
Paisible, patient et fidèle au coeur de la tempête,
Il est l’oeil du cyclone, le gardien des promesses.

Souvent, sa main se pose sur son coeur. Il dit :
« Que je sois damné si j’abandonne ! »
Son cri est un murmure dans la nuit
Et mes nuits sans lune en résonnent…

Un matin, alors que l’aube colorait les cieux
De son savant mélange de pigments célestes,
Je pus me rendre chez ce délicieux
Esprit d’hier, au pas léger, à la main leste.

Son antre était décoré de glycines en fleurs,
Dont les longues branches mélangées au jasmin
Faisaient comme un arc féerique, enchanteur,
Autour d’une porte gravée de son nom divin.

Royaume de mon Ange, au numéro lemniscate,
J’osais faire sonner la cloche qui l’appellerait.
Descendrait-il du ciel, m’offrant ses paroles délicates ?
Ou subirais-je le froid de l’absence quand la cloche se tait ?

Mon coeur se tendait d’un manque délétère
Quand une nuée de papillons écarlates s’envola :
La porte s’ouvrit sur le sourire et les bras ouverts
De celui que j’espérais, et qui d’un geste m’invita.

« Je voulais vous recevoir bel et bien en ces lieux,
Aussi ai-je demandé leur aide aux glycines.
Laissez-moi croire que le jasmin, au mieux,
S’est incliné au passage de votre parfum, ma Divine. »

Mes mots n’étant point aussi fins que les siens,
Je franchissais l’arche et, telle une végétale vrille,
M’enlaçant à son corps, je le faisais mien.
Ah ! Comme le regard des amants brille !

Du bout du rêve, je lui offris mon baiser
Qui s’accrocha à ses exquises lèvres.
Du bout du rêve, c’est le baiser de l’éternité
Qui lia nos langues. Jusqu’aux confins du rêve…

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