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Confatalis

Ton doigt était parfait, là, posé sur mes lèvres.
La parole était vaine sous la divine empreinte,
Alors finissant de sceller mes aveux dans la fièvre
Un cri silencieux s’échappait, libérant une plainte.

Puis nous avons éteint toutes les flammes
Des coulantes bougies qui veillaient sur nous,
Et l’œil clos, caressant du songe ton âme
J’ai rejoint amoureusement le creux de ton cou.

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En oiseau éperdu de tendresse et d’elle
J’avançais à travers les brumes d’un rêve
Qui se dissipèrent sur la Demeure Éternelle
Où les êtres étaient faits de plumes et de sève.

Appliqués, ils écrivaient la Vie sur une page vierge.
Lorsqu’ils la tournaient, elle collait à la précédente
De sorte que les passés humains qu’elle héberge
Deviennent illisibles, ainsi voués à une mort lente.

Est-ce ainsi que meurent vainement les promesses,
Par la faute de rapaces condamnés à recopier,
Sous la dictée de Dieu, les mots de la faiblesse ?
Oh, l’affreux tortionnaire, le terrible geôlier !

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Sur ma bouche séchait une pléiade de baisers
Que tu étais venue déposer à mon insu.
« Pardon, mon ange, de t’avoir réveillée,
J’adore ton sommeil. Où étais-tu ? »

J’aurai voulu te retranscrire cet effroi, ma peur,
Te dire que le passé sera bientôt illisible…
Mais sentant sous ma paume battre ton cœur
Le torrent qu’irriguait le mien se fit plus paisible.

Sur ton souffle je regagnai l’endormissement.
Blottie contre ta chaleur, je fermai les yeux
Te répondant dans un murmure mourant :
« Oh ma douce, j’étais aux cieux… »

1 commentaire

  1. Anonyme

    23 septembre 2012 at 13:21

    Le royaume de tes songes m'a toujours laissée béate…

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